Crise d’angoisse

Crise d’angoisse : comment gérer une attaque de panique ?

La crise d’angoisse, aussi appelée crise de panique, est un trouble fréquent qui peut toucher près d’une personne sur quatre au cours de sa vie. Il s’agit d’un épisode brutal, intense et souvent très impressionnant, pouvant donner la sensation d’un danger vital imminent. On parle de trouble panique lorsque les crises d’angoisse surviennent de façon répétée et imprévisible. Ce phénomène est souvent associé à d’autres troubles psychiques comme la dépression ou l’agoraphobie. Comprendre les mécanismes d’une crise d’angoisse, savoir la différencier d’un infarctus et connaître les traitements disponibles est essentiel pour aider les patients à mieux la gérer.

Infarctus ou crise d’angoisse : comment faire la différence ?

Il n’est pas rare que les personnes vivant une crise d’angoisse pensent subir un infarctus. En effet, certains symptômes se ressemblent : douleur thoracique, palpitations, sensation d’oppression et impression de mort imminente. Toutefois, la crise d’angoisse se distingue par plusieurs éléments.
Dans le cas d’un infarctus, la douleur irradie généralement vers le bras gauche, la mâchoire ou le cou, et survient souvent après un effort. En revanche, la crise d’angoisse apparaît sans cause apparente, parfois au repos ou même la nuit.
Les manifestations d’une crise d’angoisse incluent également des sensations de vertige, des tremblements, une impression de déréalisation ou encore la peur de perdre le contrôle. Ces symptômes, bien que très angoissants, ne mettent pas en danger la vie de la personne.

Que faire quand survient une crise d’angoisse ?

Lorsqu’une crise d’angoisse se déclenche, il est important de réduire progressivement les symptômes. La première étape consiste à travailler sur la respiration : ralentir le rythme, privilégier une respiration abdominale, et éviter l’hyperventilation. Ces techniques permettent de limiter la cascade physiologique qui entretient la panique.
La personne doit aussi être rassurée sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un danger vital. Le simple fait de comprendre que la crise d’angoisse n’est pas un infarctus peut aider à réduire l’intensité de la peur.
À plus long terme, des exercices réguliers de relaxation, de méditation, de cohérence cardiaque ou de yoga permettent de diminuer la fréquence des crises et d’apprendre à mieux maîtriser son anxiété. Une activité physique régulière joue également un rôle protecteur en réduisant les tensions physiques et psychiques.

Médicaments et prise en charge médicale de la crise d’angoisse

Lorsque les crises d’angoisse deviennent invalidantes, le recours à un traitement médicamenteux peut s’avérer nécessaire. Les antidépresseurs, en particulier les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, constituent souvent la première ligne thérapeutique. Ils permettent de réduire l’anxiété de fond et de prévenir la récurrence des attaques.
Dans certains cas, des benzodiazépines peuvent être prescrites pour un soulagement ponctuel, mais leur utilisation prolongée comporte un risque de dépendance. Le suivi médical est donc essentiel pour adapter la stratégie thérapeutique à chaque patient.

Crise d’angoisse : quelle thérapie adopter ?

Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) sont les plus efficaces dans la prise en charge des crises d’angoisse. Elles consistent à identifier et modifier les pensées catastrophiques qui alimentent la panique. Le thérapeute peut proposer des exercices d’exposition progressive aux situations redoutées afin de diminuer l’anxiété anticipatoire et de restaurer une qualité de vie satisfaisante.
Ces thérapies apprennent au patient à accepter l’apparition d’une crise d’angoisse sans céder à la panique, en travaillant sur la respiration, la détente musculaire et la restructuration cognitive. Associées à une bonne hygiène de vie et, si besoin, à un traitement médicamenteux, elles offrent de très bons résultats dans le traitement du trouble panique.

Qui consulter en cas de crises d’angoisse à répétition ?

Un médecin généraliste peut poser un premier diagnostic et orienter vers un psychiatre ou un psychothérapeute à Luxembourg. Dans le cas de crises fréquentes et invalidantes, le suivi spécialisé est fortement recommandé. La combinaison d’un traitement médicamenteux et d’une psychothérapie augmente considérablement les chances de rémission. Les proches peuvent également être impliqués dans le processus thérapeutique afin d’apprendre à réagir de manière adaptée et rassurante lors des crises.

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